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MRG exprime son inquiétude face aux attaques racistes généralisées contre les migrants subsahariens en Tunisie

5 October 2023

This message was delivered on 5 October 2023 by Glenn Payot during the ‘Enhanced Interactive Dialogue with HC and
International Independent Expert Mechanism to Advance Racial Justice ‘ at Human Rights Council – 54th Session on Item 9

Monsieur le Haut-Commissaire, Madame la Présidente,

Minority Rights Group (MRG) et ses partenaires en Tunisie, Association pour le Droit à la Différence, Attalaki, Avocats Sans Frontières et Mnemty, remercient le Mécanisme international d’experts indépendants pour son rapport.

Nous restons profondément préoccupés par l’escalade généralisée des attaques racistes et de la discrimination à l’encontre des migrant.e.s subsaharien.ne.s en Tunisie et des tunisien.ne.s noir.e.s qui ont été déclenchées par une déclaration incendiaire publiée par le président Kais Saied le 21 février 2023, dans laquelle il a associé migration, violence et criminalité et a affirmé qu’existait un “plan criminel” visant à “changer la démographie ethnique de la Tunisie”. Cette déclaration a été suivie par une série d’expulsions forcées du pays, d’arrestations, de perte d’emploi et de logement et d’actes de violence collectives dans la rue. Nous assistons à une perpétuation du racisme structurel anti-noir qui imprègne la société tunisienne. Les Tunisien.ne.s noir.e.s sont associé.e.s à des migrant.e.s et subissent de nouvelles discriminations.

Nos organisations ont documenté des dizaines de cas de violences et discriminations racistes de la part des forces de l’ordre ces derniers mois, y compris du profilage racial par la police, des arrestations de personnes venues porter plaintes pour des agressions aux postes de police, ou pour regulariser leur situation, et des mineurs séparés de leurs parents. Dans moins de 10% des cas documentés, les victimes ont porté plainte, ce qui atteste du manque de confiance dans le système policier et judiciaire. Des centaines de migrants restent emprisonnés dans la ville de Sfax avec de nombreuses accusations de séjour irrégulier. Les lieux de culte ou les migrant.e.s rendent visite ont été surveillés par la police et des hauts fonctionnaires de l’église d’origine subsaharienne ont été confrontés à des provocations policières à Tunis à plusieurs reprises.

Le 2 juillet 2023, 20 migrant.e.s subsaharien.ne.s et demandeur.es d’asyle ont été abandonné.es à la frontière tuniso-libyenne après avoir été expulsé.es de force par les forces de l’ordre. Soumis à de nombreuses violations des droits humains, dont la détention arbitraire, la violence et la privation de soins médicaux, le groupe a été laissé dans une zone isolée sans aucune assistance, nourriture, argent dans une zone où les températures atteignent les 45 degrés.

La Tunisie doit s’attaquer au racisme structurel anti-noir qui travaille la société, est instrumentalisée dans le discours politique, et se traduit par de graves violations de droits commises notamment par les forces de l’ordre à l’encontre des personnes migrantes et des Tunisien.ne.s noir.e.s. Nous appelons le Mécanisme indépendant à solliciter une visite officielle en Tunisie dans le cadre de son mandat.

Je vous remercie.

Regarder l’enregistrement

Photo : Capture d’écran de la vidéo de la déclaration de plaidoyer.

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