Jobs

Evaluateur – Stratégie tripartite pour éradiquer l’esclavage en Mauritanie

Job |

Programme : Stratégie tripartite pour éradiquer l’esclavage en Mauritanie (février 2020 – juin 2022)

Contexte du programme

La population mauritanienne est composée de trois groupes ethniques principaux :

  • Les Bédouins arabophones, aussi connus sous le nom de Maures Blancs, dominent en grande partie le gouvernement, l’armée, la Justice, mais aussi les propriétés de commerce, de terres et autres ressources.
  • Historiquement, les Bédouins asservissaient les noirs africains issus de groupes ethniques sub-sahariens, et avec le temps, ces esclaves ont été assimilés à la culture Maure.
  • Les descendants d’esclaves constituent aujourd’hui un groupe arabophone distinct que l’on appelle les Harratines. Bien que la plupart des Harratines vivent aujourd’hui séparés de leurs anciens maîtres, une vaste majorité continue d’appartenir à la caste des esclaves et de souffrir de discrimination et exclusion extrêmes.

Les autorités mauritaniennes déclarent régulièrement que l’esclavage n’existe plus dans le pays puisqu’il a été aboli et pénalisé par la loi de 2007, renforcée par la loi de 2015, qui criminalise l’esclavage et toutes discriminations assimilées. Cependant, ces lois ne sont pas mises en œuvre dans la pratique.

Il existe bien des organisations de la société civile cherchant à soutenir ses groupes mais leurs capacités pour effectuer ce travail vital sont extrêmement limitées. Dès lors pour lutter contre la discrimination et l’esclavage en Mauritanie, deux fléaux qui sévissent dans le pays, il est important de soutenir ces organisations – un travail au cœur de notre programme.

Cette initiative a été préparée conjointement par les organisations Minority Rights Group (MRG), Anti-Slavery International (ASI), SOS-Esclaves, et Association Femmes Chefs de Famille (AFCF) en vue de répondre aux nécessités de terrain que leur travail continu dans le pays (plus de 10 ans pour MRG, plus de 20 ans pour ses partenaires) a permis de mettre à jour.

Objectif du programme

Au cœur de notre programme se trouve la lutte contre l’esclavage et ses conséquences mais aussi toutes les discriminations intrinsèques. Notre travail s’inscrit dans la complémentarité des politiques nationales, notamment le Décret de 2015 qui a permis la création de trois cours criminelles spécialisées pour juger les crimes d’esclavage. Notre programme a envisagé de sensibiliser les communautés les plus reculées ainsi que les professionnels ou futurs professionnels qui doivent mettre en place ces législations. Ce travail de sensibilisation s’est mis en place avec en parallèle un travail de plaidoyer au niveau local et national mais aussi régional et international. Notre programme a mis en place : 1) un travail de renforcement des capacités des organisations de la société civile (OSC) travaillant dans ce domaine (SOS-Esclaves et AFCF mais aussi d’autres OSC) 2) une aide au renforcement du cadre juridique et une sensibilisation et éducation aux droits humains 3) une aide aux victimes comprenant une assistance juridique, réadaptation sociale et alphabétisation. Notre programme a pris en charge les personnes le plus vulnérables et a adapté ses objectifs en fonction des besoins sur le terrain.

Résultats escomptés

  1. Renforcer les capacités et l’autonomie des acteurs axiaux œuvrant en faveur de l’éradication de l’esclavage et des discriminations l’égard de la minorité Harratine et des femmes en particulier.
  2. Renforcer le cadre juridique, du niveau national au niveau international en adressant les connaissances et le respect du droit international des droits de l’homme, le crime d’esclavage et les discriminations en Mauritanie, des étudiants aux professionnels du droits.
  3. Assurer une assistance juridique systématique et un soutien administratif et psychologique aux anciens esclaves et à leurs descendants victimes de discrimination.

Objectifs de l’évaluation

Cette évaluation finale doit examiner dans quelle mesure les résultats escomptés du programme ont été atteints. Tous les partenaires doivent être consultés au cours de la recherche et, dans la mesure du possible, les parties prenantes, avec au moins un échantillon des champs d’applications respectifs des actes de la société civile qui doivent être contactées, en particulier les bénéficiaires ainsi que les objectifs de plaidoyer.

Les preuves devront être rassemblées lors de visites effectuées à la capitale Nouakchott et dans d’autres régions de la Mauritanie (lorsque la sécurité le permet). Veuillez noter que l’équipe d’évaluation sera chargée d’évaluer les risques pour la sécurité de tous les voyages et de s’assurer que des mesures appropriées seront mises en place. Les sites, en plus de Nouakchott dans lesquels l’implémentation a été réalisée, incluent Nema, Nouadhibou, Bassiknou et Attar.

L’évaluation sera effectuée en se référant aux objectifs, aux résultats, aux indicateurs et aux moyens de vérification contenus dans le cadre logique et évaluera l’impact des activités. Elle recherchera également des conséquences imprévues positives et négatives. L’évaluation doit respecter les exigences de l’UE pour les évaluations de ce type de programme.

L’évaluateur devra tenir compte de la problématique hommes-femmes et d’autres questions intersectionnelles au cours de l’évaluation. Les conclusions de l’évaluateur serviront de rapport pour l’équipe et la direction de MRG, pour le conseil de MRG, ses partenaires et les bailleurs de fonds dans l’espoir de planifier de futures initiatives.

Questions pour l’évaluation

  1. En référence au narratif du programme, toutes les activités ont-elles été achevées comme prévu ? Si oui, cela a-t-il été d’une qualité raisonnablement élevée ? Quels problèmes ont été rencontrés au cours de la mise en œuvre et comment cela a-t-il affecté les résultats ? Y a-t-il eu des changements sur le terrain en Mauritanie ou au niveau international qui ont affecté les objectifs du programme, et la réaction et capabilité d’adaptation de MRG / des partenaires ont-elles été appropriées ? Comment ces problèmes ont-ils affecté les activités et dans quelle mesure ont-ils été surmontés ? Dans quelle mesure la question du genre a-t-elle été intégrée dans la conception et la mise en œuvre du programme ? Les femmes ont-elles bénéficié des mêmes avantages que les hommes ?
  2. Lorsque les activités ont été achevées comme prévu, ont-elles contribué aux résultats escomptés ou en ont-elles le potentiel ? Y a-t-il eu des résultats imprévus (positifs ou négatifs) ? Si oui, quels étaient-ils et comment sont-ils apparus ? Les partenaires participant au programme ont-ils montré une amélioration de leur capacité à défendre les droits des minorités ? Comment ont-ils utilisé leur capacité accrue pour aider les communautés à revendiquer leurs droits ou pour s’adresser aux dirigeants sur les questions relatives aux droits des minorités ? Bien qu’il soit peut-être encore trop tôt pour pouvoir constater des impacts clairs, les partenaires ou les bénéficiaires ont-ils signalé des changements / améliorations à la suite du programme ?

Méthodologie de l’évaluation

L’évaluateur devra développer la méthodologie d’évaluation, mais aussi, respecter les critères de référence minimums suivants :

  1. La méthodologie doit être participative.
  2. L’évaluateur ou l’équipe d’évaluation doit rechercher les différents points de vue des partenaires du programme, des bénéficiaires, des avocats, des juges, des leaders des communautés, des responsables politiques, des médias, les objectifs d’une initiative de plaidoyer et des experts indépendants. Leurs points de vue devront éclairer l’évaluation du programme, des activités, des résultats. (MRG fournira une liste de contacts d’informateurs clés potentiels ayant déjà participé au programme, ayant été contactés pour le programme ou pouvant faire l’objet de questions, mais l’évaluateur devra contacter également d’autres personnes non suggérées par MRG et/ou ses partenaires.)
  3. Les rapports préliminaires et finaux doivent être soumis en anglais et en français, le résumé étant uniquement traduit en hassanyia (une fois finalisé).
  4. Le rapport doit contenir une évaluation de l’efficacité du programme à ce jour et des recommandations pour des changements de méthodes ou d’objectifs que MRG et ses partenaires peuvent envisager d’appliquer dans des programmes similaires à venir.
  5. Le rapport devra inclure un résumé d’environ 2 pages.

Les prestations clés :

  1. Plan de travail de l’évaluation / rapport initial (date limite : 10 jours après signature du contrat)
  2. Conclusions préliminaires (max. 5 pages) à mi-parcours de la période entre la signature du contrat et la date limite du projet de rapport d’évaluation
  3. Projet de rapport d’évaluation en français (date limite : 30 septembre 2022)
  4. Rapport d’évaluation final en français (20 pages minimum, 35 pages maximum hors annexes – y compris un résumé de 2 à 3 pages) (date limite : 30 octobre 2022)
  5. Résumé exécutif traduit en hassanya et en anglais (date limite : 30 novembre 2022)

Chronologie

MRG partagera le rapport final sur son site Web ainsi qu’avec les bailleurs de fond, les partenaires, le personnel de MRG, les administrateurs et le grand public.

Budget

Le budget pour cette évaluation comprenant les frais de l’évaluateur, les voyages, les communications, l’assurance et tout autre, s’élève à 4000 €.

Expérience et compétences requises

L’évaluateur ou l’équipe d’évaluation doit :

  • Avoir une bonne connaissance juridique des droits de l’homme et des droits des victimes de l’esclavage, même si ce n’est pas nécessairement une qualification juridique. S’ils ne sont pas légalement qualifiés, ils doivent avoir une expérience dans le domaine de la responsabilisation juridique ou para juridique.
  • Avoir une connaissance approfondie et une expérience du droit des minorités.
  • Avoir de l’expérience de formation ou l’évaluation de formations, de renforcement des capacités et de travail avec des ONG plus petites dans des contextes peu favorables serait également utile.
  • Parler couramment anglais et français.
  • Connaître le contexte juridique, social, politique et des droits de l’homme en Mauritanie.
  • Avoir une solide compréhension des questions de genre.
  • Expérience des stratégies de plaidoyer et de l’influence des décideurs.
  • Avoir un solide bilan d’évaluations effectuées sur des programmes comparables.
  • Être capable de voyager, y compris dans les zones où le réseau routier est pauvre.
  • Avoir une expérience de la méthodologie d’évaluation participative et savoir gagner la confiance des informateurs clés.
  • Être capable de travailler dans le respect de la confidentialité.

L’évaluateur devra être indépendant de MRG, de ses donateurs, des cibles du programme et des participants, et devra démontrer qu’aucun conflit d’intérêts perçu ou réel ne surviendrait pendant l’évaluation. L’évaluateur devra travailler dans les délais indiqués ci-dessus. L’évaluation devra satisfaire à toutes les exigences des donateurs (principalement de l’UE) et respecter les directives d’évaluation qu’ils ont publiées.

Comment postuler

Si vous êtes intéressé par cette opportunité, veuillez remplir et soumettre le formulaire ci-dessous avant le 1er juillet 2022 :











    Si vous n'avez pas coché la case ci-dessus, vos choix ne seront pas pris en compte.
    Mises à jour hebdomadaires sur nos activités
    Mises à jour mensuelles sur nos activités
    Emplois et opportunités
    Communiqués de presse
    Événements et campagnes
    Opportunités externes

    Annexe : Cadre logique

    • Objectif général : Contribuer, en collaboration avec les OSC mauritaniennes, à l’élimination des pratiques esclavagistes et des discriminations historiques et systémiques contre les personnes sortant de l’esclavage et leurs descendants.
    • Objectif spécifique :
      • Renforcer les capacités et l’autonomie des acteurs axiaux œuvrant en faveur de l’éradication de l’esclavage et des discriminations l’égard de la minorité Harratine et des femmes en particulier.
      • Renforcer le cadre juridique, du niveau national au niveau international en adressant les connaissances et le respect du droit international des droits de l’homme, le crime d’esclavage et les discriminations en Mauritanie des étudiants aux professionnels du droits.
      • Assurer une assistance juridique systématique et un soutien administratif et psychologique aux anciens esclaves et à leurs descendants victimes de discrimination.
    • Résultats attendus :
      • Résultat 1
        1. 20 activistes anti-esclavage et anti-discriminations et 15 journalistes ont acquis des connaissances historiques et légal sur l’esclavage et la discrimination des minorités afin d’avoir assez de contenu pour faire de la sensibilisation.
        2. 20 activistes anti-esclavage et anti-discriminations et 15 journalistes et les membres des organisation partenaires ont acquis des techniques de communication et de publication sur les réseaux sociaux « online »
        3. Les deux partenaires sont autonomes dans la gestion de projet.
      • Résultat 2
        1. 100 parajuristes sont formés aux droits des minorités, droits de l’homme et de la collection de données dans le cadre de procédure parajudiciaire et judiciaire.
        2. 15 avocats et 150 étudiants formés aux droits des minorités, droits de l’homme avec une spécialisation sur les cas d’esclavage et la discrimination.
        3. Publication de l’état des lieux de l’impact des litiges stratégiques sur la question de l’esclavage et des discriminations.
        4. Les Partenaires sont les acteurs clés dans les dialogues bilatéraux nationaux, régionaux et internationaux sur la question de l’esclavages et des discriminations.
      • Résultat 3
        1. Le grand public en région et les victimes d’esclavage et de discrimination sont informé des actions menées par les OCS partenaires.
        2. 2000 anciens esclaves et de leurs descendants ont eu un rendez-vous pour un soutien psychologique lors des visites mensuelles organisées par les partenaires.
        3. Les partenaires sont soutenus et conseillés par MRG dans l’instruction et le suivi des dossiers devant les instances nationales, régionales et international (incluant la représentation juridique des victime).
        4. 150 anciens esclaves, descendants d’esclaves ou de minorité Harratine se réinsère dans la société pour grâce aux bourses et formations professionnelles.
    • Activités :
      • Résultat 1
        1. Formation de sensibilisation stratégique des activistes (20 pers. 50% femmes) : Cette formation concerne des activistes qui luttent contre les discriminations et contre l’esclavage. Cette formation de plaidoyer et sur l’utilisation de réseaux sociaux permettra aux activistes de structurer leurs actions et d’accroitre leur visibilité d’actions.
        2. Formation de sensibilisation et de communication des journalistes (15 pers.) : Cette formation concerne les journalistes provenant de la capitale et des régions pour renforcer leur sensibilisation à la cause, et renforcer leur technique de communication et de publication.
        3. Formation approfondi aux réseaux sociaux et techniques de communication des partenaires (30 pers.) : Cette formation concerne 30 partenaires en régions et vise à renforcer et automatiser l’utilisation des réseaux sociaux dans leur activité de sensibilisation (Facebook et Twitter principalement).
        4. Formation de gestion de projet pour les partenaires : stratégie, conception, organisation, et financement (20 pers.) : Cette formation concerne 10 membres de chacune des organisations partenaires et vise à renforcer les compétences de gestion de projet dans son ensemble.
      • Résultat 2
        1. Formation sur la gestion de données juridiques pour les parajuristes (30 pers.) : Formation à l’utilisation de la base de données. Cet outil permettra de plus une centralisation des informations et des données et pourra constituer la base pour de potentielles poursuites judiciaires contre la Mauritanie.
        2. Formation de sensibilisation pour les avocats et étudiants en droit (15 pers. avocats et 150 étudiants) : Cette formation au droit international des droits de l’homme (focus sur la protection contre les discriminations des minorités), et aux mécanismes internationaux concerne avocats et étudiants.
        3. Étude stratégique et réunion communautaire sur les litiges stratégiques : Cette étude/évaluation vise à établir l’identification et l’analyse des succès et des lacunes du travail de MRG relatif aux litiges stratégiques et proposer des solutions d’amélioration.
        4. Plaidoyer national: Organisation de réunions bimestrielle avec des acteurs gouvernementaux, MRG et les partenaires.
        5. Plaidoyer régional & international : Participation aux évènements régional et international
        6. Formation de leaders juridiques et sociaux (100 pers.) : Il s’agit ici de renforcer l’assistance aux victimes d’esclavage et de discrimination et permettre une documentation des violations.
      • Résultat 3
        1. Information et assistance en régions avec une caravanes itinérantes : La Caravane se déplacera en région diffusant les coordonnées des OCS partenaires, des matériaux sur l’accès au droit et des « success stories » de victimes (vidéos, photos, récits)
        2. Visites mensuelles de soutien psychologique aux victimes : Certains membres d’SOS-Esclaves seront en charge de ses visites en région et à Nouakchott
        3. Assistance juridique aux victimes : Conseils juridiques, assistance et représentation des victimes par MRG et ses partenaires.
        4. Assistance socio-économique (150 bourses professionnelles et 80 formations professionnelles) : Bourses et formations professionnelles pour la réinsertion dans la société.
    Share this content