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Un rapport d’enquête révèle que des gardes du parc national de PNKB, financés par l’Allemagne et les États-Unis, ont violé et assassiné des membres de la communauté autochtone batwa

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Des gardes du parc national de Kahuzi-Biega (PNKB), financés et formés par des donateurs internationaux dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC), ont tué, violé et terrorisé la communauté batwa sur leurs terres ancestrales à l’intérieur du parc – révèle le nouveau rapport d’enquête de Minority Rights Group International (MRG).

Le rapport Purger la forêt par la force documente trois années d’une campagne de violence expulsant les Batwa de leurs terres, mené par les autorités du parc financé par les gouvernements allemand et américain et l’organisation de conservation globale, Wildlife Conservation Society (WCS). Des gardes du parc et des soldats de l’armée congolaise ont tué au moins 20 Batwa, violé en groupe au moins 15 femmes et déplacé par la force des centaines d’autres, après que leurs villages ont été réduits en cendres.

« Nous assistons à une politique de violence d’État visant à terroriser une communauté autochtone déjà fortement marginalisée, pour qu’elle quitte un parc qui a été créé sur leur terres ancestrales », a déclaré Agnes Kabajuni, directrice régionale Afrique de MRG. « Il est inacceptable que les peuples autochtones de la région des Grands Lacs soient ciblés de manière disproportionnée par des politiques de conservation, fortement militarisées, simplement parce qu’ils habitent des forêts ».

Une survivante de viol, par des gardes du parc, a déclaré : « Nous vivons dans la forêt. Quand ils nous attaquent, ils nous violent. Ceux d’entre nous qui vont mourir, vont mourir, mais la forêt est l’endroit où nous resterons ».

Les gouvernements allemand et américain, WCS et d’autres donateurs du parc ont eu connaissance des violences imminentes contre les membres de la communauté batwa, avant même le début de la campagne de violence de trois ans. En mai 2019, ils ont été informés par écrit que les gardes du parc qu’ils finançaient, équipaient et entraînaient, ont tiraient et menaçaient des Batwa à l’intérieur du PNKB et que les autorités du parc avaient l’intention de les expulser de force si nécessaire. Malgré l’avertissement, ces acteurs ont continué à fournir au parc un soutien financier et matériel. Deux mois plus tard, les gardes du parc et les soldats ont mené la première de trois attaques à grande échelle visant les villages batwa avec des armes lourdes, faisant des dizaines de victimes et provoquant le déplacement massif des membres de la communauté.

« Ces donateurs internationaux du parc ont été informés à plusieurs reprises que leur financement et leur soutien matériel se traduisaient par des abus massifs contre les populations civiles », explique Robert Flummerfelt, auteur du rapport. « Ils ne peuvent pas plaider l’ignorance ou prétendre que leur soutien était insignifiant. Les preuves découvertes au cours de cette enquête indiquent clairement qu’ils étaient complices d’abus qui atteignent probablement le niveau des crimes contre l’humanité », ajoute-t-il.

En outre, l’enquête a relevé que l’unité spécifique de gardes du parc responsable de ces violations a reçu une formation et du matériel paramilitaires de la part de partenaires internationaux, en violation de l’embargo sur les armes du Conseil de sécurité de l’ONU en RDC. À divers moments entre 2015 et 2021, le WCS, GFA Consulting Group et Maisha Group Limited ont fourni une formation et des équipements paramilitaires à ces gardes du parc dans le cadre de projets de biodiversité financés par les gouvernements allemand et américain. Ce soutien, qui comprenait une formation aux tactiques de combat et au maniement des armes, a été effectué sans notification préalable au Conseil de sécurité de l’ONU, ce qui représente des violations répétées du droit international contraignant.

« En fournissant une formation paramilitaire aux gardes du parc sans notification au Conseil de sécurité de l’ONU, les donateurs du PNKB et les partenaires internationaux ont fait preuve d’un mépris flagrant du droit international et des droits du peuple batwa. Cela jette de sérieux doutes quant à savoir si ces acteurs sont prêts à placer les droits humains au centre de leur travail de conservation », déclare Colin Luoma, chercheur sur les aires protégées pour MRG.

  Le rapport d’enquête est disponible en version web et en version imprimable.

Pour plus d’informations, veuillez contacter press@minorityrights.org.

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